Shinobido : La voie du Ninja

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Quand la mémoire vous joue des tours…
…L’habileté n’en est pas moins conservée. En tout cas, c’est le point de départ de Shinobido. Nous entraînant dans un Japon médiéval tourmenté par la guerre, ce titre nous propose d’incarner la plus sombre des forces en présence : les adeptes du ninjutsu.

 En effet, un ninja se réveille, tout près d’une vieille chahute délabrée. Totalement désorienté, il ne se souvient que de son statut, et a totalement oublié ce qui lui est arrivé peu de temps avant. Mais bientôt, il remarque une pierre à la lueur étrange, la saisit et est instantanément noyé dans un flot d’images confuses mais néanmoins fort déstabilisantes… Qu’elles sont les images qu’il a vues ? Cela a-t-il un rapport avec lui ? Ses questions trouvent vite une réponse lorsqu’une flèche vient se ficher dans une des planches de la cabane. Ces pierres contiennent des fragments de sa mémoire. Bientôt, le Corbeau n’a plus qu’une idée en tête : savoir quels sombres secrets lui a-t-on dérobés de la sorte, et pour cela, le moyen le plus efficace est de chercher de l’aide auprès des grands seigneurs régnant dans la région, se livrant une guerre cruelle pour asseoir leur domination. Mais c’est sans compter sur les autres clans ninja qui cherchent à tout prix à tirer leur épingle du jeu, profitant du chaos occasionné.

« J’ai déjà vu ça quelque part… »
Et oui, le jeu référence qui saute tout de suite aux yeux lorsqu’on tient Shinobido entre les mains c’est le célébrissime Tenchu ! Alors ? Serait-ce un sous Tenchu ? Une pale imitation ? Il est clair qu’on retrouve tous les ingrédients du titre précédemment cité, mais Shinobido peut tirer son épingle du jeu par de nombreuses petites idées.

Tout le système du jeu se compose en deux phases : une phase de préparation, et une phase d’action classique. En ce qui concerne la phase de préparation, elle est très bien pensée. En effet, des flèches viennent régulièrement se planter dans le pauvre « mur » de la cabane pour apporter des missions diverses au Corbeau, mais aussi des lettres et des conseils judicieux. Plusieurs missions sont proposées par les trois seigneurs à qui vous pouvez proposer vos services. Chaque mission influencera en bien ou en mal un des seigneurs, et la plupart visent à affaiblir un des adversaires. Il suffit ensuite de consulter un « journal » pour voir l’évolution de la puissance de chaque shogun. Il faut toutefois faire très attention à ne pas se faire trop souvent repérer sur le terrain. Si votre identité est clairement définie, le shogun a qui vous avez fait du tort perdra toute confiance en vous, et les ennuis pourraient très vite commencer. En cela, rien ne vous empêche de trahir le seigneur que vous avez aidé lors de la mission précédente. Cela donne une réelle profondeur au jeu, mais aussi pousse le joueur à vouloir continuer. Un très bon point pour Shinobido !
Pour ce qui est de la phase d’action à proprement parler, on retrouve les grands canons des jeux d’infiltration : un héros pas forcément à l’aise en combat singulier, mais rapide, discret, agile. On retrouve tout de suite les habitudes de Tenchu, à savoir grimper sur les toits, utiliser son grappin, se munir de toutes sortes d’objets piégés (il y a même du sushi explosif !)… Là où le jeu devient intéressant, c’est dans la variété des coups fatals qu’il propose. En effet, si vous arrivez à vous approcher assez près d’un ennemi sans qu’il vous remarque, vous pouvez l’occire en un coup. Il est ainsi possible de l’égorger, de lui briser la nuque si on est au dessus de lui, de le planter façon pin’s sur un mur s’il se trouve à l’angle d’une maison, le noyer dans la rivière, etc… Il faut aussi prendre garde au temps qu’il fait, les toits devenant glissants par jour de pluie, même si les averses rendent la vision de vos ennemis moins précise. Par contre, si on est découvert, c’est une toute autre affaire. Le Corbeau est loin d’être à l’aise dans le domaine du combat frontal, et malgré son habileté et quelques prouesses, il est rare de s’en sortir indemne… et cela malgré des lacunes concernant l’IA. Les soldats qui vous apercevront appelleront la plupart du temps leurs gentils camarades, qui se feront un plaisir de vous attaquer en groupe bien serré… voire même trop serré. Il n’est pas rare de voir les membres d’une même faction se blesser entre eux à grands coups de katana, allant même jusqu'à ce tuer entre eux pour vous atteindre… Détail gênant. Pourtant, ils sont capables de vous suivre sur les toits si vous vous enfuyez, continueront à vous chercher pendant de longs moments, allant toujours dans la direction où vous vous êtes enfuis. Ils n’hésiteront pas à vous lancer des projectiles, et même à utiliser les nouvelles armes que vous leur avez peut être permis de se procurer peu de temps avant. Il faut donc bien faire attention lorsqu’on choisi une mission. Le but de votre mission est toujours clairement indiqué par une boussole, mais rien ne vous empêche d’aller vagabonder un peu dans les villes et villages (permettant souvent une grande liberté d’action) pour éliminer des adversaires plus coriaces, comme les généraux par exemple, et affaiblir encore plus l’armée adverse.
A cela s’ajoute que même dans votre repaire, vous n’êtes pas à l’abris des voleurs, et il faut ainsi transformer votre jardin en une véritable forteresse, rempli de pièges et autres chausse-trappes pour les repousser efficacement, et cela au moyen d’un éditeur de niveau assez bien pensé.

Une réalisation à parfaire.
Oui, là est le point noir du jeu… Malgré un character design très convaincant, le jeu pêche sérieusement par son côté esthétique. L’aliasing est omniprésent, les couleurs très très fadasses (la nuit n’excuse pas tout) les ennemis se ressemblent tous comme deux gouttes d’eau, les décors sont vides, les maisons toutes ressemblantes, le clipping partout. Aie aie aie… De même, la gestion de la caméra est aléatoire… Il est courrant de ne plus voir son avatar lorsqu’ il est poussé contre un mur pendant un combat. Extrêmement gênant pendant ces phases de haute tension. Il faut d’ailleurs en permanence penser à la caméra pour avoir un bon angle de vue, et c’est parfois pénible, d’autant que la difficulté est au rendez-vous. Autre détail pénible avec cette caméra, c’est lorsque le Corbeau est accroupi, il tourne en même temps qu’elle, et gare à la chute si on se cache sur les toits.
La musique n’apporte rien du tout à l’ambiance. Elle reste la plupart du temps discrète, ou rébarbative, voir convenue. Mise à part celle du titre, aucune ne reste en tête, mise à part peut-être celle des phases de fuite, qui dénote de manière assez malhabile avec les autres. Les sons quand à eux tiennent parfois de la blague tellement ils sont inexistants. Mise à part quelques pauvres bruits peu convaincants de sabres qui s’entrechoquent, rien d’autres à signaler. Ajoutons à cela le goût incertain qu’on eut les développeurs à ajouter des voix américaines aux personnages pour parfaire un tableau bien noir.

En bref, Shinobido ne s’en tire pas si mal que ça, grâce à des idées vraiment sympathiques, un réel soucis de laisser le joueur maître des évènements, mais aussi pas une durée de vie tout à fait correcte. Les plus acharnés voudront peut-être recommencer le jeu pour sceller la victoire d’un autre shogun, l’éditeur de niveau ajoutant, pour les plus courageux, de longs moments devant leur télévisons, manette en main. Pourtant, même si vous n’êtes pas tatillon, vous risquez de pester de nombreuses fois face à une réalisation assez chaotique. Quoi qu’il en soit, les amoureux de Tenchu trouveront ici une bonne alternative à leur titre fétiche.

Par Gibon, le 20/07/2006 09:57:29
Information_générales
Catégorie :
 Infiltration
Nbr. de joueurs :
 1
Développeur(s) :
 Acquire
Editeur(s) :
 Spike
Les_Notes
13

Le Corbeau a beau être agile et rapide, il n’est pas toujours facile de le manier. Sans être pour autant catastrophique, il est parfois difficile de faire de simples mouvements, comme s’accrocher à un toit. Des détails qui se révèlent très gênants en phase de fuite…


11

Clipping, aliasing, couleurs fades, absence totale de diversité dans les paysages, impressions d’affronter une armée de clones… Rien d’extraordinaire. La moyenne est à peine atteinte grâce au design des personnages principaux, très réussi.


8

Je sais, j’ai l’habitude de critiquer les sons, mais la, quand même… Rien de nouveau, on prend du très vieux (voir même du son qu’on utilisait déjà sur 8 bits) et on les applique à Shinobido. Les musiques sont franchement convenues, voire inexistantes… Bref, rien de bon.


16

Vraiment très bonne pour un titre de ce genre. La campagne en elle-même dure de très nombreuses heures avant de toucher à sa fin, et il est même tout à fait possible de relancer une nouvelle partie pour faire les missions qui n’auraient pas été choisies. La présence de l’éditeur de carte rend la durée du titre quasi infinie, si on est un véritable mordu.


Vraiment dommage… Le jeu est bourré de bonnes idées, l’immersion dans l’histoire est vraiment bien faite, les personnages sont convaincants… Mais cela ne suffit pas à en faire un bon jeu. Les lacunes techniques sont trop présentes, l’ IA trop mal maîtrisée… On se lasse vite de ces petits détails. Espérons que les développeurs feront un effort sur une éventuelle suite et Tenchu n’aura qu’à bien se tenir !

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