
Un hack and slash où il est possible d’invoquer un dragon surpuissant, mais aussi de pourfendre des centaines d’ennemis, ça vous tente ? Ca tombe bien, c’est ce que propose ce second volet de Drakengard (Drag-on dragoon pour la version japonaise). Souvent décrié, mais aussi souvent adulé, le premier volet avait trouvé son public, bercé par une musique assez exceptionnelle et une ambiance malsaine saisissante. Qu’en est-il de cette suite ?
Un monde a peine guéri de ses blessures.
Drakengard, le premier volet de ce diptyque, s’ouvrait sur la guerre ente l’Empire et l’Union. Caim, le personnage principal chevauchant le dragon Angelus se frayait un chemin parmi le chaos indescriptible dans lequel il était jeté. L’histoire de Drakengard 2 peint l’histoire de Nowe, un jeune garcon élevé par un dragon bleu nommé Legna… Nowe entre au début de cette aventure au service de Gizmor, le nouveau chef de l’Ordre après la mort d’Oror, en tant que chevalier, épaulé par son dragon qui lui est resté fidèle. Il se doit de protéger les « sceaux », seul rempart face à la destruction totale personnalisée par un énigmatique « dragon rouge ».
On prend les mêmes et on recommence.
Si on s’attend à un départ sur les chapeaux de roue à la Drakengard premier du nom, force est de constater qu’on a fait dans le classique cette fois ci. Rien d’original donc, un banal tutorial nous attend sous la direction d’Eris, la supérieure directe de Nowe. On remarque d’ailleurs tout de suite à quel point le héros est jeune et bien moins charismatique que Caim. Il n’a d’ailleurs pas subit de pacte, ou il n’est pas apparent : il est en pleine possession de ses sens et peut aussi appeler à voix haute sa « monture » quand il en a besoin. La symbolique du pacte passé avec des entités puissantes (on retrouve d’ailleurs des noms tels que Shiva et Ifrit) est personnalisée par les personnages secondaires.
Dans le concept, toujours le même: la plupart du temps on passe d'une phase de vol, puis a pied en aire ouverte ou on peut utiliser le dragon, puis en aire fermée (grotte, donjon, etc...) ou le dragon ne peut évidemment pas nous joindre. Le dragon est d’une puissance phénoménale face aux hordes qui apparaissent (souvent par magie au sol). Les créatures fuient souvent d'une manière assez désordonnée face a sa présence. Pourtant, certaines créatures peuvent se défendre contre lui (les mages lui envoient des boules de feu, des golems géants sautent et lui assènent un grand coup de masse, etc...).
A cela on peut ajouter une petite nouveauté qui est assez sympathique: la capacité de switcher d'un perso a un autre a tout moment, chacun étant plus a l'aise avec tel ou tel type d'ennemi. Il suffit de choisir sur la "roue des armes et des objets" l'arme à laquelle le perso correspond. Petit exemple: le perso principal est armé d'un épée longue, pour changer il suffit de faire un R2 et de choisir une lance par exemple pour faire apparaître son acolyte féminin.
Les armes sont toujours longues a booster, il faut pas mal de temps pour les avoir a fond de leur capacité (lv4). Des sorts sont liés à ces armes et ne sont pas très diversifiés. Ils restent classiques... Ils augmentent en puissance en même temps que l'arme, alors que de nouvelles combinaisons d’attaque apparaissent avec les niveaux supplémentaires.
Pour cela, les free missions révèlent tout leur intérêt. N'apparaissant qu'après avoir fini un chapitre (qui se compose de plusieurs versets) elles sont pour la plupart au nombre de deux: une en vol et une au sol où on revisite une zone déjà faite dans le chapitre, mais avec des objectifs différents, et parfois de nouvelles armes apparaissant dans des coffres. Là dessus, pas de nouveauté par rapport au premier volet.
Petit détail sympathique, l'apparition des villages, qui, outre proposant de nouvelles armes à acheter, permettent aussi d'écouter les villageois ce qui nous plonge plus dans l'histoire et révèle certaines subtilités. Une histoire qui devient de plus en plus troublée et sombre sans, c’est mon avis, atteindre le degré extrêmement noir et malsain du premier mais qui propose des missions plus variées et intéressantes.
Un intérêt… qui ne vient pas de la réalisation…
D’un point de vue esthétique, le jeu semble légèrement plus beau que le premier opus, mais ne vous attendez pas à des sommets. La modélisation des ennemis est plus que grossière et plus particulièrement celle des golems que l’on retrouve dans les premiers versets, de véritables blocs informes et disons-le… moches.
Un protagoniste sort son épingle du jeu, et de quelle manière ! Le dragon Legna est magnifiquement animé tout en dégageant un sentiment de puissance impressionnant et cela dès le début de l’aventure (il passe en effet par diverses mutation au cours du jeu qui lui augmentent sa puissance, vitesse, etc…) Il est aussi très facile à manier, ce qui n’est pas le cas de son collègue qu’il trimballe sur son dos.
En effet, Drakengard 2 a, et c’est le moins qu’on puisse dire, quelques limites d’un point de vue technique. Sur le dos de sa monture ailée, mais aussi au sol, le clipping est omniprésent : les ennemis apparaissent comme par magie. On les remarque souvent plus par leur barre de vie au dessus de leurs têtes bien avant de les voir réellement à l’écran… quand on les voit. Une gestion de caméra absolument calamiteuse ne permet souvent pas de protéger ses arrières et on perd beaucoup de points de vie par des coups dans le dos qui semblent venir de nulle part. Là encore, sur son dragon, ce problème disparaît. Tout reste relativement fluide, et cela même au moment de sauter sur le dos de Legna, grâce à une simple pression sur select. Rien à redire par contre en phase de vol, la caméra colle parfaitement au dragon, les effets de vitesse sont sympathiques, un travail correct.
Malgré ces petits bémols, l’histoire est tout de suite prenante, le plaisir à slasher des centaines d’ennemis est immédiat et la portée épique du titre, renforcée par une bande son qui colle parfaitement à l’action est bien présent, voir même grisant sur certaines phases de jeu.
Drakengard 2 s’adresse à ceux qui ont adhéré au système du premier. Peu de nouveautés, toujours les mêmes limites graphiques mais aussi une gestion de caméra plus que douteuse pourront rebuter. Mais ce serait une erreur de s’arrêter à cela et de passer à côté d’une histoire encore une fois très adulte, recherchée, et une ambiance prenante. Des ennemis par centaines, des aires de jeu immenses. Drakengard 2 est le digne successeur de premier. Un jeu à ne pas manquer. J’ajouterai que ce jeu n’est pas du tout indiqué aux jeunes joueurs, car il pourrait fortement les choquer.