
Après un dixième volet très réussi, bien qu’un peu trop bavard et linéaire,
brillant par le background de son univers qui était d’une richesse sans
précédent dans la saga, Square-Enix rompt la tradition en proposant la suite
direct d’un Final Fantasy. Ce volet "hors saga", ce veut novateur en tentant de
bousculer les habitudes des fans avec son système de missions et son ambiance
J.Pop/ Drôles de dames. Mais cela était-il vraiment nécessaire ?
Petit Rappel (et gros SPOILER de FFX premier du nom)
Dans FFX, nous suivions les aventures de la jeune invocatrice Yuna, dont la
quête était de débarrasser Spira du très monstrueux Sin (ce qui au passage
devait la tuer pour une période d’une dizaine d’années), joliment nommées la
félicitée, avant que le monstre ne se régénère comme il le fit des dizaines de
fois en mille ans. Seulement voilà, contrairement à ces prédécesseurs, Yuna
était l’héroïne d’un FF... Elle vint donc à bout du monstre
définitivement, survécu à l’épreuve, et mis fin aux agissements d’un clergé
obscurantiste (Yevon) qui avait la main mise sur Spira. Le monde de Spira en
rentra dans une nouvelle ère : le calme éternel ! En deux mot : Rispect
mademoiselle !
Moi et mes Copineeuhs….
Mais bon, tu vois, le blêmeu c’est que deux ans plus tard Spira a bien
changée, sans dec’, maintenant Yuna (étonnamment mature pour une ado de 17 ans
dans FFX) à deux ans de plus dans sa poitrine, mais cinq de moins dedans sa
tête. Elle se fringue avec des vêtements de chanteuses de R’n'B (notez qu’elle
doit avoir beaucoup mions de frais questions tissus !) et décide sur un coup de
tête de partir avec ses copineuhhhs (Paine et Rikku.... Pine dans la version
originale ;)) chasser les sphères pour retrouver son chéri perdu dans la
bataille deux ans plus tôt. On suit donc les aventures des filles (auto
surnommées : les Albatros) qui tentent de trouver plein de sphères en prenant
toutefois le temps de comparer la tailles de leurs seins (véridique !) ou de
prendre des poses dignes des Biomans (véridique aussi !).
J’espère que vous avez noté le « subtil » (hum !) changement de ton entre les
deux paragraphes précédents car ils illustrent complètement le changement entre
ces deux épisodes. Là où FFX était dramatique (mais pas trop), FFX-2 est léger,
mais léger, … Trop léger ! C’est peut être son principal défaut.
Et des défauts il y’en a !
Ca va peut être vous paraître bizarre, mais comme je préfère finir ce test
sur une note positive, je vais casser le jeu là, maintenant, tout de suite,
plutôt qu’a la fin comme ça se fait habituellement...
Comme je viens de le souligner, le scénario de FFX-2 brille par son absence.
Du moins, dans les dix premières heures de l’aventure. Les développeurs
justifient cela par le fait que pour rendre le jeu moins linéaire ils ont du
alléger la trame et la mettre légèrement en arrière plan. Le problème c’est que
si dans un premier temps, on peut être séduit par le système de missions, on se
rend vite compte que le jeu souffre toujours d’une certaine linéarité : elle est
juste mieux déguisée. En fait la principale nouveauté, c’est que l’on a accès
aux minis quêtes au bout d’une demi-heure de jeu, au lieu des 30 heures
réglementaires dans les FF. Elles sont d’ailleurs plus nombreuses que les quêtes
principales, puisque l’aventure centrale ne dure qu’une petite vingtaine
d’heures. Mais bon une fois que l’on a choisi de se rendre à un endroit et
d’accepter une mission, on se ballade dans les mêmes couloirs que dans le
précédent opus. De biens jolis couloirs, certes, mais des couloirs quand même !
De même, si de nombreuses fins vous attendent, elle sont déterminés par le
nombres de sous quêtes que vous effectuez (c'est-à-dire votre pourcentage de
scénario), et non par vos choix (sauf un !).
Les autres gros défauts du jeu concernent son système de combat. Celui-ci
aurait pu être intéressant si le meilleur moyen de s’en sortir avait été la
stratégie comme dans FFX. Et bien ce n’est pas le cas... Ici tout ce que
vous avez à faire pour gagner les combats contre les gros boss, c’est de
bourriner avec Paine et Rikku et de soigner votre équipe avec Yuna. Attention
vous pouvez tenter une approche plus tactique, bien sûr, mais c’est un comble :
cela vous demandera un effort supplémentaire et vous compliquera la tâche. Je
crois que pour une fois, Square-Enix aurait pu conserver le système, impeccable,
de l’opus précédent. C’eût été sûrement accepté pour les fans, étant donné que
l’on est face à une suite directe. Mais aussi plus logique "scénaristiquement"
parlant. Sinon d’un simple point de vue graphique, on regrettera que la mise en
scène des combats manque de dynamisme. Mais aussi que la caméra se place mal, ce
qui rend l’action terriblement bordélique et oblige le joueur à rester fixer sur
les menus plutôt que sur l’écran.
Enfin pour finir, on ajoutera l’ambiance pop et l’humour lourdingue, sympa
mais pas vraiment à leur place ici. Tout comme les musiques, funky et J-pop, qui
iraient impeccablement dans un film de Quentin Tarantino, mais qui jurent un peu
dans un FF (surtout comparé aux somptueuses mélodies de Mr Uematsu). Enfin, les
phases de plates-formes n’apportent rien puisqu’il suffit d’appuyer sur rond au
bon endroit pour voir Yuna effectuer la bonne action toute seule.
Heureusement, il y’a aussi des bon cotés...
Je vous rassure, après les nombreux défauts viennent les bons cotés du jeu.
Premier point : les graphismes sont splendides. Ils reprennent le moteur de FFX
sans aucun changement, mais malgré ces deux ans d’age celui-ci a très peu
vieilli et fait encore bonne figure face à des Star Ocean 3 ou des Prince Of
Persia. Dommage que la plupart des décors et des personnages soient exactement,
au pixel près, les mêmes que dans FFX.
Le système de combat, à base de changement de job pendant les combats, peut
aussi être intéressant si vous vous donnez la peine de l’aider un peu. C’est
dommage que le bourinnage soit privilégié, mais si on accepte de faire face à
une petite difficulté on peut en tirer de longues heures de préparation (à
condition d'aimer).
Enfin le scénario, complètement absent au début, se révèle au fur de la
progression de plus en plus attachant, comme le reste du jeu (musiques
comprises) qui commence à tenir la route au bout d’une dizaine d’heures. Là,
l’ambiance se fait plus sombre, l’humour débile reste mais il n’intervient plus
que de temps en temps... On passe de la débilité ambiante à un simple
contrepoids comique.
Pour Conclure (oh ! mais quel titre original !)
Final Fantasy X-2 n’est pas un mauvais jeu, loin de là ! Mais il n’est pas
excellent non plus. De plus l’ambiance du début est franchement insupportable si
vous n’habitez pas Shibuya ou si vous pensez que humour débile à la Love Hina et
une trame sérieuse sont incompatible. Il vous faudra malheureusement passer par
là pour aborder la partie intéressante du jeu.
Autant dire que seul les fans réussiront à passer ces premières heures
difficiles pour découvrir les bons cotés du jeu. Les autres lâcheront sûrement
l’affaire au bout de trois heures. Quand à ceux qui ont détesté ou n’ont pas
joué à FFX, n’en parlons pas !