
Alors
que nous nous préparons déjà à retourner dans cette ville culte qu’est Silent
Hill, le 3ème opus se dévoile encore un peu plus juste histoire de déchirer nos
esprits entre l’excitation et la peur de se lancer. Une chose est sûre à
présent, Silent Hill 3 ne sera pas à mettre entre toutes les mains, tant il
pousse le vice du déroutant, du dérangeant et de la puanteur à leur paroxysme.
Aussi beau techniquement que le 2ème épisode et encore plus insoutenable que le
premier, ce petit dernier n’a pas fini de nous tourmenter et de nous emmener
dans les rouages d’un scénario absolument inhumain. D’ailleurs les références à
Silent Hill 1 sont trop nombreuses pour n’être que coïncidences (quelque chose
d’abominable se prépare). Le jeu ne fait pas dans la dentelle et vous met
directement dans l’ambiance dans un parc d’attractions (premier clin d’œil au 1)
où une jeune demoiselle du nom d’Heather est accostée par des…choses qui ne lui
veulent pas que du bien, et s’en suit une mort quasi-inévitable (2ème clin
d’œil…rappelez Harry). Cette femme, que de noirs cauchemars accablent, se
réveille dans le café du centre commercial. Etait-ce un rêve ou cela s’est-il
bel et bien produit ? Le ton est donné et Silent hill est fidèle à elle même :
mystérieuse et inquiétante mais diablement attirante. Que vient faire Heather
dans cette ville à l’âme si triste, au cœur si lourd et obscur ? Quelle réponse
vient-elle chercher ? D’où
lui viennent ces cauchemars qui l’assaillent ? Passé oublié ou amnésie
volontaire ? car quelque part au fond d’elle, cette cité perdue ne lui est pas
inconnue…On ne peut s’empêcher de penser çà et là à une certaine petite fille
enlevée lors du premier épisode (encore !!). Quels mystères va nous dévoiler cet
enfer sur Terre ? Comme à son habitude Silent Hill n’apportera pas de réponse
mais montrera le chemin qui y mène. Et quel chemin !!! Jamais les décors
n’auront autant d’effet sur le joueur. Le moindre détail vous fera hésiter à
avancer plus loin car tout n’est que puanteur, misère, pestilence, à la limite
du réel et l’on atteint l’insupportable par moments…Comme ces instants où l’on
doit aller chercher un objet dans les entrailles d’un chien grillé avec l’odeur
qui nous monte aux yeux où encore lorsque l’on croise la route d’une chose
difforme et couverte de sang traînant ce qui ressemble fort à un bébé…le tout
baignant dans une obscurité quasi-permanente où l’on suggère plus qu’on ne
montre, essentiellement lors des « passages » vers le monde obscur (ces fameuses
scènes qui nous faisaient changer de caleçon dans le premier épisode) .
L’environnement sonore est encore une fois ahurissant et nous enferme
définitivement (et à tout jamais ?) dans un état d’effroi total. On guette le
moindre son car tous, en ces lieux, sont suspects et annonceurs de mauvaises
surprises et lorsque c’est le silence qui règne, une de paranoïa s’instaure dès
lors. Non rien à Silent Hill ne vous rassurera, RIEN ! D’un point de vue
technique, le jeu ressemble fortement
au 2ème, avec un moteur 3D amélioré (jeu d’ombre et de lumière entre autres qui
impose le respect) et une animation des monstres qui frise la perfection. La
maniabilité, elle, ne change pas d’un poil, et les musiques sont toujours aussi
horriblement merveilleuses et mélancoliques. Silent Hill 3 sera le pire bonheur
vidéo-ludique qui soit, et une expérience unique qui vous demandera d’avoir le
cœur bien accroché (particulièrement pour cet épisode !!!). Le 29 mai 2003,
Silent Hill s’imposera comme LA série référence des survival horror tout support
confondu et VOUS NE POUVEZ PAS PASSER A COTE. (Quoi ?! Ça se voit tant que ça
que c’est l’un de mes jeux favoris ?:p)